Création de site

Un site rapide et lisible sur téléphone : ce qui compte et comment le vérifier

Un client qui cherche un artisan sur son téléphone ne patiente pas. Comment vérifier soi-même la vitesse et la lisibilité de son site, ce que veulent dire les Core Web Vitals, et ce qu'il ne faut pas en attendre.

Pierre Godino8 min de lecture
Un site rapide et lisible sur téléphone : ce qui compte et comment le vérifier

Quelqu'un qui cherche un électricien à Montauban un samedi matin, parce que son tableau vient de disjoncter, ne le fait pas depuis un ordinateur de bureau. Il tape sur son téléphone, ouvre le premier site, et si la page reste blanche ou s'il faut zoomer pour trouver le numéro, il revient en arrière et appelle le suivant. Vérifier que votre site ne fait pas fuir ce client-là prend un quart d'heure, et ne demande aucune compétence technique.

Pourquoi la version téléphone de votre site est celle qui compte

Pour le client, c'est une question de patience. Pour Google, c'est une question de méthode : son aide pour les webmasters indique qu'il utilise la version mobile du contenu d'un site pour l'indexation et le classement. C'est ce qu'on appelle l'indexation "mobile first". Si votre site affiche moins de choses sur téléphone que sur ordinateur (une page de services raccourcie, des horaires qui disparaissent dans un menu mal fait), c'est la version réduite que Google retient.

Pour une petite entreprise locale, l'enjeu est très concret. La personne qui cherche "plombier Castelsarrasin" ou "fleuriste Montauban" a souvent besoin de quelqu'un aujourd'hui. Elle compare trois sites en une minute, sur un petit écran, parfois en 4G dans sa voiture, et celui qui reste blanc trop longtemps n'est même pas lu.

Les Core Web Vitals, sans jargon

Google mesure l'expérience d'une page avec trois indicateurs, regroupés sous le nom de Core Web Vitals. Les seuils viennent de web.dev, le site de Google consacré aux performances :

  • LCP, le temps d'affichage du plus gros élément visible (souvent la photo d'en-tête ou le grand titre). Bon jusqu'à 2,5 secondes, médiocre au-delà de 4 secondes.
  • INP, le temps que met la page à réagir quand on touche un bouton ou un menu. Bon jusqu'à 200 millisecondes, médiocre au-delà de 500. Il a remplacé l'ancien indicateur FID en 2024.
  • CLS, la stabilité de la page : est-ce que le texte saute pendant le chargement, au point qu'on appuie sur le mauvais bouton ? Bon jusqu'à 0,1, médiocre au-delà de 0,25.

Un détail qui change la lecture des résultats : Google ne regarde pas une visite isolée mais le 75e centile, c'est-à-dire que trois visites sur quatre au moins doivent passer sous le seuil. Le chiffre est aussi calculé séparément pour les téléphones et pour les ordinateurs. Un site qui s'affiche vite sur votre ordinateur en fibre peut très bien être dans le rouge côté mobile.

Comment vérifier soi-même

Sur votre propre téléphone

C'est le test que je fais en premier, avant tout outil. Coupez le wifi, passez en 4G, ouvrez une fenêtre de navigation privée (pour ne pas profiter de ce que le téléphone a gardé en mémoire) et tapez l'adresse de votre site. Puis regardez trois choses : combien de temps avant de voir autre chose qu'un écran blanc, si le numéro de téléphone se trouve sans faire défiler longtemps, et s'il se compose quand on appuie dessus. Faites-le aussi depuis une recherche Google, comme un client le ferait.

Avec PageSpeed Insights

L'outil gratuit de Google, sur pagespeed.web.dev, analyse une adresse en quelques secondes. Il affiche deux blocs qu'il faut savoir distinguer.

Le premier, quand il existe, ce sont les données terrain : les mesures réelles de visiteurs qui utilisent Chrome, sur les 28 derniers jours. C'est le bloc qui compte. Beaucoup de sites de TPE n'ont pas assez de trafic pour qu'il s'affiche, et c'est normal.

Le second, ce sont les données de laboratoire : un chargement simulé sur un téléphone de milieu de gamme et un réseau mobile. C'est de là que vient la note sur 100. Ne courez pas après le 100 : cette note sert à trouver ce qui coince, pas à se comparer au voisin. En dessous, l'outil liste les problèmes trouvés, et c'est cette liste qu'il faut lire, ou montrer à la personne qui gère votre site.

Dans la Search Console

Si votre site est relié à la Search Console (l'outil gratuit de Google pour suivre son site dans les résultats), le rapport "Signaux Web essentiels" classe vos pages en bonnes, à améliorer ou médiocres, à partir des mêmes données réelles que PageSpeed Insights. Sur un petit site, il affiche souvent "Aucune donnée disponible". Dans ce cas, PageSpeed Insights et le test au téléphone restent vos repères.

Ce qui ralentit le plus souvent un site de petite entreprise

Quand j'ouvre un site de TPE qui rame, la cause n'est presque jamais mystérieuse.

Les photos arrivent en tête. Une photo de chantier prise avec un téléphone récent peut peser plusieurs mégaoctets, et elle s'affiche dans un cadre de la taille d'une carte postale. Le navigateur télécharge tout quand même. Redimensionner les images et les enregistrer dans un format moderne comme le WebP règle souvent la moitié du problème.

Viennent ensuite les extensions. Sur un site WordPress ou équivalent, chaque module ajouté (un carrousel, une fenêtre de chat, un bandeau de réseaux sociaux, un compteur de visites) charge ses propres fichiers. Pris un par un, aucun n'est grave. Empilés pendant cinq ans, ils font un site lourd que personne n'ose plus toucher.

Et puis il y a l'hébergement. Un hébergement très bon marché, partagé avec des centaines d'autres sites, peut mettre du temps à répondre avant même que la page commence à s'afficher. Ça se voit en général dans PageSpeed Insights, à la ligne qui parle du temps de réponse du serveur.

Si votre site cumule les trois et date de plusieurs années, la question n'est peut-être plus de l'alléger mais de le refaire. J'en parle dans l'article sur la refonte d'un site.

Lisible sur téléphone, et lisible par tous

Un site rapide qu'on ne peut pas lire n'avance à rien. Sur téléphone, je vérifie que le texte se lit sans zoomer, que les boutons ne sont pas collés les uns aux autres, et que le contenu est bien le même que sur ordinateur.

C'est aussi là qu'on touche à l'accessibilité, qui sert les personnes en situation de handicap et, au passage, tout le monde : le client qui lit en plein soleil, celui qui a oublié ses lunettes. Le W3C, qui publie les règles de référence (les WCAG), fixe quelques repères simples à vérifier :

  • un contraste suffisant entre le texte et le fond, au moins 4,5 pour 1 pour le texte courant (du gris clair sur fond blanc ne passe pas) ;
  • un texte qu'on peut agrandir jusqu'à 200 % sans que la page se casse ;
  • un texte alternatif sur les images qui portent une information, pour qu'un lecteur d'écran puisse dire "photo d'une salle de bains refaite" plutôt que "IMG_4521" ;
  • des boutons et des liens d'au moins 24 pixels sur 24, ou assez espacés pour qu'un pouce ne tape pas à côté.

Côté loi, des obligations d'accessibilité s'appliquent depuis le 28 juin 2025 à certains produits et services, dont le commerce en ligne. La DGCCRF précise que les microentreprises (moins de 10 salariés et un chiffre d'affaires ou un total de bilan inférieur à 2 millions d'euros) qui fournissent des services en sont exemptées. Pour savoir si votre activité est concernée, la fiche de la DGCCRF sur la directive Accessibilité est la bonne référence. Même sans obligation, les quatre points ci-dessus ne coûtent presque rien quand on les prévoit dès la création.

Ce qu'il ne faut pas en attendre

La vitesse ne fait pas remonter un site qui ne répond pas à la question du client. Google l'écrit dans sa documentation sur l'expérience de page : il cherche à afficher le contenu le plus pertinent, même si l'expérience sur la page est décevante, et de bons résultats dans le rapport Core Web Vitals ne garantissent pas une place en haut des résultats. L'expérience de page départage surtout des pages qui se valent sur le fond.

Pour un artisan, ça veut dire qu'un site qui s'affiche en une seconde mais ne dit ni ce que vous faites, ni dans quelles communes vous intervenez, ne fera pas sonner le téléphone. Le contenu passe d'abord, j'ai détaillé ce qu'il doit contenir dans l'article sur le site d'un artisan à Montauban. La vitesse sert ensuite à ce que ce contenu soit lu jusqu'au bout plutôt qu'abandonné pendant le chargement.

Si vous hésitez entre corriger vous-même ou confier le site, la question est traitée dans l'article sur faire son site soi-même ou le confier.

Par où commencer

Aujourd'hui, faites le test du téléphone en 4G sur votre page d'accueil et sur votre page de contact, puis passez les deux adresses dans PageSpeed Insights et notez ce qui sort en rouge. Si vous voyez des photos de plusieurs mégaoctets ou un temps de réponse du serveur trop long, vous savez déjà par où commencer.

Je crée des sites pour les entreprises de Montauban et du Tarn-et-Garonne, pensés d'abord pour le téléphone, avec des photos allégées et le numéro à portée de pouce. Si vous voulez qu'on regarde le vôtre, écrivez-moi depuis la page contact.

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